Qui est Claude Tillier 

Claude Tillier, lithographie d'Alfred Prunaire
Claude Tillier, lithographie d'Alfred Prunaire

        Prenant la relève de Paul-Louis Courier, on retiendra de Claude Tillier qu'il fut un pamphlétaire redoutable sous le règne de Louis-Philippe : journaliste et romancier, il décide de "dire de la société autant de mal qu'elle lui en a fait".

           Agitateur d'idées,  à Clamecy dans le quartier du Grand-Marché le 11 avril 1801, Claude Tillier marquera son époque. Il est l'enfant turbulent de cette petite cité du haut Nivernais, la capitale des Vaux d'Yonne, joliment surnommée"petite Venise de la Nièvre", connue pour sa population de flotteurs de bois, réputée révolutionnaire et " la terreur des sous-préfets".

          Fils aîné d'un artisan serrurier, sa famille appartient à la petite bourgeoisie, mails il se place dans "le camp des pauvres" dont il se voudra toute sa vie le porte-parole.

          De retour à Clamecy après ses études, bachelier-ès lettres puis maître d'étude, il y fonde une école privée, mais doit partir effectuer son service militaire. A ce titre il participe à l'impopulaire expédition d'Espagne (1823).

 

        Revenu en Nivernais, il reprend ses activités de maître d'école, contestant les méthodes pédagogiques en usage à son époque, et se montrant novateur en ouvrant des cours du soir pour adultes. Nommé directeur du collège de la ville, en 1830, il ne tarde pas à se brouiller avec les autorités morales chargées de le surveiller (juge de paix, sous-préfet, curé), démissionne deux ans plus tard et retrouve son statut d'instituteur privé.

               A la même période, en réaction à l'échec de la révolution de juillet qui ruine les espoirs des républicains, et voit Louis-Phillipe succéder à son cousin Charles X, Tillier devient journaliste, participant à la fondation en 1831, à Clamecy, d'un journal d'opposition "L'Indépendant", qui paraît peu de temps, contré par la puissante bourgeoisie locale, plus particulièrement par le député Dupin aîné, représentant de la monarchie bourgeoise. Le trublion Claude Tillier fréquente les sympathisants libéraux et progressistes au Café des Colonnes, où il se fait plus d'une fois remarquer.

               Ses idées républicaines ( il est un farouche partisan de la souveraineté du peuple, du suffrage universel et ardent défenseur de la liberté de la presse), son anticléricalisme, ses satires assassines lui valent bien des ennemis. Des cabales savamment orchestrées provoquent la ruine de son école, désertée peu à peu par toutes les couches sociales de la population.

      

Inauguration du buste Claude Tillier
Inauguration du buste Claude Tillier

Centenaire du buste 17/10/2005

Fresque au café chez L'oncle Benjamin
Fresque au café chez L'oncle Benjamin
NEVERS Tombe de Claude Tillier au cimetière Jean-Gautherin
NEVERS Tombe de Claude Tillier au cimetière Jean-Gautherin

Cette situation intenable, le manque de ressources lui font quitter Clamecy pour Nevers en 1841.

 Là, Tillier poursuit sa carrière de journaliste et de pamphlétaire, s'y montrant ardent défenseur du suffrage universel, polémiquant aussi bien contre Mgr Dufêtre, évêque ultramontain de Nevers, que sur le député royaliste de Clamecy.

Il devient rédacteur en chef de "L’Association", journal d’opposition démocrate auquel il donne un caractère littéraire en publiant sous forme de feuilleton deux contes (Chroniques nivernaises: Comment le chanoine eut peur, Comment le capitaine eut peur, inspirées de Paul-Louis Courier) et ses deux romans : "Mon Oncle Benjamin" (1842) et "Belle-Plante et Cornélius" (1843). Après la disparition du journal, victime d'entrave politique et d'un procès ruineux, Claude Tillier décide de remplacer L'Association en publiant plusieurs séries de pamphlets.

 

Mais atteint de phtisie, il meurt prématurément à Nevers, le 12 octobre 1844.

 

"Mon Oncle Benjamin", le roman qu'il situe dans sa ville natale, alliant l’humour à la polémique, lui apporte la célébrité et a été adapté au cinéma par Edouard Molinaro en 1969. Le film fut tourné en  grande partie dans les Vaux d’Yonne, le Morvan  et la région de Vézelay, avec pour principal interprète l'inoubliable Jacques Brel.

 Vous ne manquerez pas d'admirer les fresques (exécutées par Robert Pouyaud) retraçant l’histoire de ce personnage sur les murs intérieurs du café appelé "Mon Oncle Benjamin" et situé dans la rue du Grand-Marché à Clamecy.

 De même, dans la salle des fêtes du petit village d’Armes, où Tillier plante le décor de son second roman, situé à deux pas de Clamecy, vous découvrirez les peintures murales d'Adrien Pfister illustrant le parcours de "Belle-Plante et Cornélius".

 

Acteur dérangeant de la vie locale, le pamphlétaire clamecycois sait faire pénétrer ses idées chez de nombreux concitoyens : en 1846, un témoignage souligne l’influence encore vivace de Claude Tillier dans le milieu local :

  Lors d’un banquet de la garde nationale de Clamecy, un toast lui est porté :"Claude Tillier, vous le savez tous, avait une âme grande, loyale et un courage civil à toute épreuve ; il est mort en flétrissant, comme nous, la marche rétrograde des hommes du pouvoir. A nous qui étions ses amis, à nous de protester, comme il n’eût par manqué de le faire".

 

   Attaché à son terroir, il ne le quitte que malgré lui, mais sa pensée revient toujours à sa ville natale où est restée sa famille :

 "... c’est de ce côté que s’envolent mes pensées, semblables à des pigeons qui, lâchés sur une terre lointaine, s’enfuient à tire-d’ailes vers le colombier natal."

 

 

Et Clamecy ne l’a pas oublié ! La ville a donné son nom à la rue du quartier où il est né, lui a élevé une statue en 1905, rue du Grand-Marché et a baptisé l’un de ses établissements scolaires "école Claude Tillier".


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Clamecy, collégiale Saint-Martin

La maison du Tisserand

Buste Claude Tillier

17 sept.2005 jour du centenaire

Buste Claude Tillier à Clamecy

Nouvel emplacement, juin 2012

Statue du Flotteur au pont de Bethléem

les traditionnelles joutes clamecycoises

Les joutes sur l'Yonne,

divertissement traditionnel des flotteurs.